de Honda » 12 Aoû 2005 22:39
La mer de la fertilité, tétralogie constituée en France de "Neige de printemps", "Chevaux échappés", "Le temple de l'aube" et "L'ange en décomposition". Edité par Gallimard en 1980, traduit de l'anglais par Tanguy Kenech'halu.
"Deux jeunes amants vivent leurs amours surrannés au temps où le Japon tente d'assimiler les modes d'un Occident, alors que la Belle Epoque jette ses derniers feux.
Les deux protagonistes, Kiyoaki Matsugae et Satoko Ayakura, appartiennent, lui, à l'aristocratie issue des récentes transformations politiques de l'ère Meiji, elle, à une antique famille de noblesse de Cour. Prisonniers des méandres de leur propre personnage, leur passion cotoie le déshonneur, vouée à l'échec tragique."
Telle est la trame de Neige de Printemps, le premier des quatres romans de la tétralogie. Par la suite, nous retrouverons le narrateur Honda (ohhh, qui a dit que c'était de là que venait mon pseudo ^^), meilleur ami du jeune Kiyoaki, et nous suivons sa destinée jusqu'à la fin de sa vie.
Cette oeuvre de Mishima est particulière pour plusieurs raisons. D'abord, il s'agit de son dernier livre, dont la légende dit qu'il fut achevé quelques heures seulement avant que Y. Mishima se donne la mort par seppuku, le 15 novembre 1970, après sa vaine tentative de coup d'état...
Plus important encore est l'estime même que porte l'auteur à son ouvrage. Pour lui, il a "tout mis dans cette tétralogie. Tout ce que la vie a pu lui apprendre".
Sachant cela, le lecteur n'est pas surpris de se retrouver face à l'un des tous meilleurs opus de l'oeuvre de Mishima. Toujours doté d'un style d'écriture aussi paufiné qu'à l'habitude, ce livre s'attache à raconter la vie d'un homme et par là-même à décrire ce que Mishima pense de l'existence. Et il est évident que l'auteur s'est fait une idée tout personnelle de la chose, entre mysticisme, mélancolie et désenchantement.
Personnellement, je place ce livre parmi ceux qui vous apportent, à titre personnel, un nouveau regard sur le monde. Ces mots sont peut-être forts, il est vrai, mais ils sont à la mesure de l'expérience que j'ai eu en parcourant de bout en bout la Mer de la fertilité. En reposant l'ouvrage, on reste pendant longtemps sous le choc des leçons que nous a enseigné Mishima. A lire absolument donc, si on aime Mishima, et sans tenir compte du fait que les 4 tomes représentent tout de même près de 1 600 pages.