Baron a écrit:J'avais entendu dire que la rédaction de Je suis un Chat avait été comme une thérapie pour la névrose de Sôseki
En effet, il semble que Soseki soit devenu écrivain suite à l'apparition de ses angoisses. il a écrit
je suis un chat édité au Japon en 1905-1906 pour "libérer et soulager son esprit." Et c'est le succès de ce roman qui l'aurait incité à en écrire d'autres.
Dans
Au temps de Botchan, volume 1 publié sous le titre
Bocchan no Jidai par Futabasha Publishers Co, Ltd. en 1997, édité en France au Seuil en 2002 traduit du japonais par Sophie Refle, Natsuo Sekikawa nous explique les circonstances qui ont vu naître la névrose dont souffrait Soseki, et nous en donne une idée.
Postface p 246/247:
" Tous les jours , il allait donc faire cours en se tenant bien droit dans son costume occidental au col si haut qu'il ne pouvait pas tourner la tête, le visage barré d'une moustache à la mode de l'empereur allemand. Comme en Angleterre, il continuait à souffrir du sentiment que quelqu'un l'observait. Sa névrose se manifestait effectivement par l'illusion qu'on l'épiait. On peut rechercher l'origine de sa maladie dans son enfance mais les symptômes en étaient apparus en Angleterre. Là-bas, il avait sans cesse été habité par l'angoisse d'être observé.
Les constructions européennes en pierre sont froides et imposantes leur structures rend impossibles les larges fenêtres. Celles-ci sont avant tout utilisées pour regarder dehors. Les japonais, même en parfaite santé échappaient difficilement au sentiment que des yeux brillants les guettaient de l'autre côté des petites ouvertures sombres. Les gens de Meiji qui séjournaient en Europe, surtout les intellectuels souvent sensibles et nerveux comme Soseki, avaient du mal à s'accoutumer à l'Europe. Dans son cas, il ne s'agissait plus d'angoisse mais de panique. Et lorsqu'il se retrouvait seul dans une pièce aux quatre murs de pierres il ressentait un isolement insupportable. Replié sur lui-même avec l'impression que son âme était entièrement dénudée, il lui semblait que ses nerfs enflammés étaient rouges et enflés."