Miyamoto Teru

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Miyamoto Teru

Messagede chieko » 08 Aoû 2005 14:18

Les gens de la rue des rêves, Yumemi-dori no hitobito paru au Japon en 1986 et traduit du japonais par Philippe Deniau pour Picquier sortira en France en 1993.

Tard dans la soirée, Haruta satomi jeune célibataire de 30 ans, rentre chez lui, après avoir participé à un comité de lecture composé de poètes amateurs. Il loge dans la rue des rêves. ''Levant les yeux vers l'enseigne lumineuse, Haruta se gratta nerveusement la tête en faisant la grimace. ''Aux commerces de la rue des rêves...''. Ca, on pouvait bien dire, pensait-il à chaque fois qu'il passait par là en rentrant du travail, qu'aucun commerçants ainsi désignés n'étaient digne d'un pareil nom! Le patron du ''Tarôken'', le restaurant chinois? Un cinglé du turf qui ne cessait de se quereller avec sa femme. Celui du pachinko, le palais des rêves? Lui, il n'avait qu'un rêve , c'était d'entrer au Lion's Club - alors il avait fait imprimer tous ses titres sur sa carte de visite: président de l'association de parents d'élèves et de l'union des commerçants de la rue des rêves, animateur de l'équipe benjamine de base-ball, président de l'association de secours des anciens... Les Murata, le couple d'horlogers? Quand vous entriez dans leur boutique, ils vous jetaient des regards de rapaces et ne vous lâchaient pas avant de vous avoir fait acheter quelque chose, comme si tout dans la vie se résumait à faire de l'argent. Quand au jeune photographe le bruit courait qu'il était homosexuel. La tenancière du bar ''La charade'', elle, n'employait que de beaux serveurs bien plus jeunes qu'elle, juste pour les mettre, mais jamais plus de trois mois, dans son lit. Les deux frêres de la boucherie, enfin, avaient autrefois appartenu à la pègre. Inutile de chercher à en faire la liste, la rue des Rêves n'était faite que de gens chez qui une bizzarrerie pouvait toujours en cacher une autre.'' p13 Nous partons ensuite à leur rencontre.

C'est à la découverte de ce qui se cache derrière les vitrines de leurs boutiques que nous emmène Teru Miyamoto. Et le regard qu'il porte sur l'existence de ces ''gens'' nous entraine au coeur de leur histoire. Changeant de points de vue et de perspectives sur leurs vies nous apercevons une autre réalité vue par un plus gros bout de la lorgnette. Malgré un côté parfois, un peu caricatural, qui enlève au réalisme pour ajouter au divertissement, j'ai trouvé cet ensemble de portraits très sympathique.

Sur les conseils de Honda, appuyés par Xa-Chan, j'ai recherché la lecture de Miyamoto Teru et je n'en suis pas déçue, bien au contraire.
Merci à eux.
Dernière édition par chieko le 12 Aoû 2005 15:47, édité 1 fois.
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Messagede chieko » 10 Aoû 2005 10:35

La rivière aux lucioles, paru au Japon en 1977 et traduit du japonais par Philippe Deniau pour Picquier éditions qui le sort en 1991.
Recueil de deux titres, La rivière aux lucioles, Doro no kawa, Le fleuve de boue, Hotaru gawa faisant visiblement parti d'une trilogie dont le troisième volet Dotomborigawa (La dotombori, du nom d'une autre rivière d'Osaka), paru en 1978 au Japon n'est toujours pas être disponible en français. :0(

Parcours initiatique de jeunes garçons vers l'âge adulte pour lesquels au bonheur de l'amitié et des premiers émois amoureux viennent se meler les mystères de la sexualité, la douleur de la séparation et de la mort. Malgré la souffrance, malgré le temps qui passe, la vie est d'une beauté merveilleuse, et porte en elle de belles promesses.

La lecture de ce recueil m'a laissée sous le charme du travail de Miyamoto Teru. Rien de vraiment exceptionnel au niveau des histoires, qui sont d'une universalité confondante, mais la peinture qui est faite des situations, des lieux, des personnes, des émotions, est d'une éfficacité redoutable.
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Messagede chieko » 12 Aoû 2005 10:30

Le brocart, Kinshu, publié au Japon en 1982 a été traduit du japonais par Maria Grey et est paru en 1994 pour les éditions Picquier. (Au passage je suis étonnée de voir que les trois publications de Miyamoto, toutes les trois édités par Picquier comportent autant d'erreurs ''typographiques'', oubli d'un mot, parfois d'une ligne semble-t-il, ou un mot imprimé deux fois. Il ne me semble pas en avoir relevé autant pour d'autres romans.)

Katsunuma Aki adresse une lettre à un homme qu'elle connaissait il y a une dizaine d'année et qu'elle a revu par hasard dans une télécabine alors qu'elle emmenait son jeune fils voir les étoiles au sommet du mont Zaô. Cet homme avait été son époux, mais certaines circonstances les avaient ammenés à se séparer...

Comment deux êtres, réunis une fois par l'amour continuent leur chemin chacun de leur côté. De nombreux thèmes qui semblent chers à Miyamoto sont developpés ici comme celui de la rencontre, du refus de la fatalité avec l'idée que bien que le futur ne soit pas compris dans le présent, la vie accomplie malgré tout son dessein, peut-être que Miyamoto, serait d'accord avec le ''Dieu ne joue pas aux dés'' d'Albert Einstein. On trouve aussi l'idée que la joie et la tristesse constituent deux faces d'une même émotion, et quelquechose comme l'expression d'une prise de conscience qu'au delà de sa finitude, et peut-être grâce à elle, l'homme touche une réalité plus essentielle qui donne tout son sens à la vie. Mais si dans la rivière aux lucioles cela nous était suggeré, mis en scène pour nous amener à le découvrir, à le ressentir, j'ai trouvé que là il se montrait un plutôt maladroit en étant un peu trop explicatif. Du coup ce roman perd la fraîcheur, et la force qui m'avaient plues dans les deux nouvelles et m'a paru un peu terne voire ennuyeux.

Malgré la vingtaine de livres que Miyamoto a écrit, d'après les informations que j'ai pu recueillir, et malgré la référence faite à son roman Le jardin des plaisirs il n'y a guère que ces trois romans Le brocart, La rivière aux lucioles, Les gens de la rue des rêves traduits et parus en France. Impossible donc pour le moment en tout cas de continuer à parcourir l'univers de Miyamoto. :0(
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Messagede Honda » 07 Jan 2006 20:44

Je n'ai pas encore lu Le Brocart, mais je l'ai en tête depuis longtemps. Par contre, je confirme, pour l'instant ce très bon auteur n'a pas été assez publié, et c'est bien dommage :D
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