Les gens de la rue des rêves, Yumemi-dori no hitobito paru au Japon en 1986 et traduit du japonais par Philippe Deniau pour Picquier sortira en France en 1993.
Tard dans la soirée, Haruta satomi jeune célibataire de 30 ans, rentre chez lui, après avoir participé à un comité de lecture composé de poètes amateurs. Il loge dans la rue des rêves. ''Levant les yeux vers l'enseigne lumineuse, Haruta se gratta nerveusement la tête en faisant la grimace. ''Aux commerces de la rue des rêves...''. Ca, on pouvait bien dire, pensait-il à chaque fois qu'il passait par là en rentrant du travail, qu'aucun commerçants ainsi désignés n'étaient digne d'un pareil nom! Le patron du ''Tarôken'', le restaurant chinois? Un cinglé du turf qui ne cessait de se quereller avec sa femme. Celui du pachinko, le palais des rêves? Lui, il n'avait qu'un rêve , c'était d'entrer au Lion's Club - alors il avait fait imprimer tous ses titres sur sa carte de visite: président de l'association de parents d'élèves et de l'union des commerçants de la rue des rêves, animateur de l'équipe benjamine de base-ball, président de l'association de secours des anciens... Les Murata, le couple d'horlogers? Quand vous entriez dans leur boutique, ils vous jetaient des regards de rapaces et ne vous lâchaient pas avant de vous avoir fait acheter quelque chose, comme si tout dans la vie se résumait à faire de l'argent. Quand au jeune photographe le bruit courait qu'il était homosexuel. La tenancière du bar ''La charade'', elle, n'employait que de beaux serveurs bien plus jeunes qu'elle, juste pour les mettre, mais jamais plus de trois mois, dans son lit. Les deux frêres de la boucherie, enfin, avaient autrefois appartenu à la pègre. Inutile de chercher à en faire la liste, la rue des Rêves n'était faite que de gens chez qui une bizzarrerie pouvait toujours en cacher une autre.'' p13 Nous partons ensuite à leur rencontre.
C'est à la découverte de ce qui se cache derrière les vitrines de leurs boutiques que nous emmène Teru Miyamoto. Et le regard qu'il porte sur l'existence de ces ''gens'' nous entraine au coeur de leur histoire. Changeant de points de vue et de perspectives sur leurs vies nous apercevons une autre réalité vue par un plus gros bout de la lorgnette. Malgré un côté parfois, un peu caricatural, qui enlève au réalisme pour ajouter au divertissement, j'ai trouvé cet ensemble de portraits très sympathique.
Sur les conseils de Honda, appuyés par Xa-Chan, j'ai recherché la lecture de Miyamoto Teru et je n'en suis pas déçue, bien au contraire.
Merci à eux.


