Bonjour
C'est la première fois que j'interviens sur ce forum, alors je vais me présenter un peu au préalable : homme de 33 ans, comptable, vivant à Bruxelles et étudiant de japonais. Je suis en fin de deuxième année à Marie Haps. En général, je suis « peu doué » pour les langues étrangères et si j’en suis arrivé à étudier le japonais, c’est parce qu’un jour, je m'étais dit : "Tiens, je ferais bien un voyage au Japon ? » Alors histoire de me mettre dans l'ambiance et de me préparer à ce voyage, je me suis mis en tête de suivre une initiation au japonais, (afin de pouvoir, au moins, demander mon chemin).
Depuis ce jour, je ne suis toujours pas allé au japon mais je me suis passionné pour la langue et je continue mes cours.
Alors, pour ceux qui voudraient commencer des cours, voici mon parcour.
A) Le référencement des cours et écoles
Cela faisait plus de 10 ans que j'avais quitté l'école...je n'avais donc plus trop de contact avec l'univers "scolaire". Je ne savais, d’ailleurs, pas trop comment m’y prendre.
J'ai demandé à mes collègues et cherché sur internet mais les quelques sites d'écoles que je trouvais n'étaient guère détaillés. Par ailleurs, comme j'ai commencé ma recherche en juillet, les écoles qui m’intéressaient étaient toutes fermées et je ne trouvais personne pour me répondre. Une chose me frappait, néanmoins : très peu d'école semblaient organiser des cours de japonais et à fortiori, des cours du soir…
J'ai donc fini par appeler l'Ambassade du Japon en Belgique et je leur ai demandé s'ils n'avaient pas une liste des écoles où l'on pouvait suivre des cours de japonais. Ils m'ont aiguillé vers le centre culturel et là, une dame m'a faxé la liste de toutes les écoles qu'ils connaissaient.
Pour en faire autant, voici les coordonnées du centre culturel en question :
"Culturel Information Center of the Embassy of Japan
Avenue des Arts, 58
B-1000 BRUSSELS
Phone: 02 511 23 07
Web: www.be.emb-japan.go.jp/english/culture/index.html "
Je ne vous mets pas la liste que j'ai reçue car elle date de 2 ans et elle est donc certainement périmée. Il me semble toutefois que votre recherche devrait commencer par obtenir la liste de tous les cours et écoles offrant des cours de japonais.
B) Le choix du cours
Mis à part cette liste reçue du centre culturel, les autres cours que j’avais trouvé étaient soit des cours privés, soit des cours de groupes « professionnel » (c'est-à-dire, des cours organisées par les entreprises pour leur personnel) soit des cours de type immersion totale. (on va vivre au Japon directement chez un professeur).
Tous ces cours me semblaient TRES bons et l’idée d’une immersion totale vraiment sympatique. Seul bémol : le prix en général !
En effet, pour prendre un cours qui relevait davantage du hobby que d’une nécessitée professionnelle, les prix me semblaient exorbitants !
J’ai donc opté pour un cours au sein d’une école et le choix se révéla relativement simple :
a) il fallait que les heures de cours concordent avec mes heures de travail
b) je voulais une école assez proche de chez moi pour que je ne puisse jamais me dire : « pff, c’est trop loin, je n’y vais pas ce soir car je suis trop fatigué…». En effet, pour avoir déjà fréquenté les cours du soir par le passé, je sais que le facteur « distance » n’est pas négligeable. Après une longue journée de travail épuisant et abrutissant, il est vraiment tentant de rentrer chez soi plutôt que d’aller aux cours.
c) je pensais également pouvoir départager les écoles en fonction des modules qu’elles offriraient. (c'est-à-dire le nombre d’heure de cours par mois/ans). Ici, il s’est avéré que je n’avais pas le choix. A l’époque, toutes les écoles offraient un module unique de 60 heures par an à raison de 2 heures par semaine (30 cours de 2 heures).
Finalement, en fonction des critères de sélection précités, ma liste s’est vite trouvée limitée.
A l’époque, j’avais le choix entre :
- l’ISTI (l'Institut supérieur de traducteurs et interprètes) =>
http://www.heb.be/isti/ ;
- l’ILMH (l’institut libre Marie Haps) =>
http://www.ilmh.be/ ;
- l’UCL (l’université catholique de Louvain) =>
http://www.uclouvain.be/ .
J’ai opté pour Marie Haps qui était l’école la plus proche et la plus facile d’accès par rapport à mon domicile. D’ailleurs, je ne l’ai pas regretté, mais de cela, je vous en reparlerai plus loin.
C) Les semaines "avant" le début des cours
Impatient de commencer, je m’étais fourni une petite méthode de japonais du style : « le japonais en 40 leçons / débutant ». Je l’ai potassé pendant mes vacances et je dois dire que ce fut intéressant. Cela m’a également conforté dans mon envie de m’inscrire aux cours et d’avoir une première approche de l’hiragana et du katakana. J’avais noté sur le site de l’ILMH que l’on n’étudiait pas les Kanji en première, je ne m’en suis donc pas préoccupé.
NOTE : Il était possible de participer à un cours intensif au mois d’août pour débutant. 60 heures sur deux semaines. Soit 6 heures par jour. Au final, ce cours permettait à ceux qui en venaient à bout de commencer directement en seconde. Il semblait toutefois que ce cours étaient plutôt destinés aux « faux débutants » et permettaient simplement une mise à niveau pour ceux ayant déjà des bases de japonais. Cela n’était pas mon cas et n’ayant jamais été doué pour les langues étrangères, je ne m’y suis pas risqué (et puis en plus, la date des cours coïncidait avec mes vacances à Ténériffe )
D) Le début du cours
A Marie Haps, les cours débutent début octobre. Et ce que j’ai trouvé sympathique, c’est qu’il n’était pas obligatoire de payer tout de suite l’inscription.
Le revers de la médaille ? Et bien, comme les premiers cours étaient gratuits et qu’il n’y avait que 2 écoles à Bruxelles (ISTI ET ILMH) qui proposaient des cours du soir de japonais, il y avait une véritable « horde » d’étudiants.
Il y avait 2 groupes (mardi et jeudi) en première, et chaque groupe étaient constitué de +- 60 étudiants. Pour un cours de langue, je me souviens avoir trouvé cela colossal.
Heureusement, le nombre a vite décru. En effet, en décembre, je pense que le nombre avait déjà chuté à 50% du nombre initial.
E) Le déroulement du cours
La prof était une japonaise parlant français : ça c’est bien !
La méthode utilisée en cours se base sur le livre « Japanese for Busy People I» de la maison « AJALT ». Méthode très connue et plutôt bien faite : ça c’est bien !
Revers de la médaille, le livre est anglais : ça c’est moche !
Perso, cela ne m’a pas dérangé car je me débrouille bien en anglais mais un paquet d’étudiants dont le niveau d’anglais était trop bas ont trouvé que « étudier une langue étrangère dans une autre langue étrangère » avait quelque chose de fortement dissuasif…
F) Fin de première année
Matière vue durant l’année : 27 leçons sur 30 du livre JFBP 1.
Je crois qu’une trentaine d’élève au maximum se sont présentés aux examens de fin d’année, soit moins de 25% du nombre initial. Via les liens tissés pendant cette année avec plusieurs étudiants et mon expérience personnelle, j’en suis arrivé à plusieurs conclusions :
- Inutile de commencer ce cours de 2 heures par semaine, si l’on n'est pas prêt à étudier plusieurs heures, en plus, par semaine en dehors du cours.
- Suivre un cours dont la documentation est en anglais alors que l’on ne comprend pas l’anglais est un motif d’abandon fréquemment rencontré.
- Avoir un professeur trop cool est pénalisant si l’année suivante on doit avoir un professeur plus exigeant. Quand on a le choix, il faut systématiquement choisir le prof le plus dur.
Personnellement, j’ai beaucoup aimé cette première année et j’ai vraiment eu l’impression de progresser. Evidement, j’ai étudié régulièrement et j’ai fais tous les devoirs demandé au cours de l’année. L’examen de fin d’année, n’a donc été qu’une formalité.
G) Deuxième année
En début d’année, on a commencé par voir la matière non vue du premier livre. (3 leçons restantes non vues en première année)
Et puis, on est passé la matière contenue dans « Japanese for busy people II ».
Pour ceux qui avaient déjà des difficultés à lire l’anglais, ce second livre est encore plus rébarbatif. Le livre 1 contenait la transcription phonétique du vocabulaire japonais (en romaji) mais pas le 2. Ici, on étudie directement du japonais vers l’anglais.
En début de deuxième, il y avait deux groupes. Le mardi (+- 45 élèves) et le mercredi (+-15 élèves). Je me souviens avoir été étonné de ce nombre. Comment pouvions-nous être près de 60 élèves au total alors que seule une trentaine semblait avoir réussi la première. La réponse était assez simple finalement :
- une première partie des « nouveaux » venaient de l’ISTI, l’UCL ou d’autres écoles ;
- une seconde partie des « nouveaux » recommençaient leur deuxième et étaient donc en fait "des anciens" ;
- une troisième partie des « nouveaux » avaient participé à un cours intensif au mois d’août et pouvaient ainsi entrer tout de suite en seconde.
Ce qui m’a étonné aussi, c’est l’arrivée « massive » d’étudiant en provenance de l’ISTI et de l’UCL. Après en avoir discuté avec eux, ceux-ci m’ont expliqué qu’ils estimaient que leurs cours précédent étaient vraiment d’un niveau «light» et qu’ils étaient venus à Marie Haps pour progresser davantage. Cela m’a beaucoup étonné car l’ISTI est connue pour être l’une des meilleures écoles de langue. Pourtant cela a été confirmé par notre professeur par la suite.
En effet, il semblerait que certains de ses étudiants qui étaient entrés directement en 3èm ou 4èm et revendiquaient un niveau élevé de connaissance des kanji (notamment) ne parvenaient pas à suivre chez nous et que plusieurs avaient dû être transférés dans des classes inférieurs à leur niveau acquis à l’ISTI. Dans ma classe, il y une dame dont c’est la 6èm année de japonais au total. (Dont 3 ou 4 passées à l’ISTI). Il semblerait, d’après elle, que le niveau n’était pas du tout le même et que les examens étaient d’un niveau très bas.
Attention : je ne dis pas cela pour faire de la publicité et je m’excuse auprès des élèves de l’ISTI qui liraient ces lignent et pourraient, légitimement, se sentir choquer par mes propos.
Je tiens donc à limiter la portée de ces derniers en précisant 2 choses :
- nous parlons bien des cours du soir de « japonais » et pas des autres matières ou des cours du jours ;
- je n’ai pas expérimenté personnellement les cours du soir de l’ISTI, ces propos sont donc des « on-dit » rapportés par des étudiants déçus par leur ancienne école et donc peut-être aussi un peu « aigris ». Cela dit, on m’a rapporté les mêmes propos pour les cours du soir d’allemand. (une collègue de mon travail)
H) Examen de fin d’année
Je le passe mardi mais je ne suis pas inquiet.
Notre professeur, nous a drillés toute l’année en nous faisant crouler sous les interrogations et les devoirs. Evidement, cela a peut-être participé à la vague d’abandon impressionnante que nous avons encore traversé cette année. (Sur +- 60 élèves en début d’année, nous devrions être une vingtaine maxi à participer à l’examen final, soit un peu plus de 65% d’abandons en seconde) mais ceux qui ont survécus ne devraient pas avoir de problème pour leur examen final.
Voilà, j’ai terminé, j’espère que mon histoire aidera un peu ceux qui voudraient débuter un cours de japonais en Belgique.
Je ne sais pas si ces taux d'abandons évoqués ici sont équivalent à ceux rencontrés dans toutes les écoles mais une chose me semble acquise : le japonais, il vaut mieux ne pas le commencer si l’on n’est pas vraiment motivé.
L'an prochain, je compte passer le JLPT de niveau 4 et je vous souhaite bonne chance à tous pour vos études !
A+
Edit du 21/06 : L'examen est passé. Il n'était pas très difficile mais nous n'étions qu'une douzaine à le présenter. Le taux d'abandon a donc encore augmenter par rapport à ce que j'imaginais. Enfin, il reste l'examen de passage en août. J'espère que nous ne seront pas trop peu en troisième, j'aime bien avoir des camarades de classe...